Filtrer
Support
Éditeurs
Prix
Liber
-
Vigilantisme et idéologie de la sécurité : Des voisins vigilants aux groupes antimigrants
Matthijs Gardenier
- Liber
- L'Imaginaire Et Le Contemporain
- 11 Septembre 2025
- 9782895788362
On appelle «?vigilantisme?» ce phénomène de plus en plus répandu où on voit des citoyens participer à la production de la sécurité au point de faire un travail de police en lieu et place des forces de l'ordre.
Sous différentes formes, on le rencontre dans les pays du Sud, mais il fleurit également dans les sociétés occidentales. Il peut cibler tout autant des individus qui commettraient des actes déviants que des groupes ou minorités perçus comme problématiques ou criminogènes.
Ces initiatives sécuritaires volontaires, qui se veulent un appui (ambigu) aux pouvoirs publics, ont également pour objectif plus ou moins clairement formulé de définir le danger, sinon l'ennemi. Plus généralement et plus durablement, elles entendent déterminer qui peut ou non appartenir au corps national. -
Philosophie de la décoration
Frédéric Monneyron
- Liber
- L'Imaginaire Et Le Contemporain
- 18 Novembre 2025
- 9782895788409
À examiner l'espace que nous habitons, il est possible de voir celui qui nous habite, et celui-ci se nourrit d'images de publicité et de décors de cinéma ,
des possibilités d'objets, de formats, de couleurs que l'art et l'industrie mettent à la disposition de notre sensibilité , des volumes et des matériaux dont l'architecture fait nos habitations.
Cet ouvrage propose un voyage dans nos intérieurs certes pour prendre acte de leur évolution et de la part qu'y tiennent les cadres sociaux, mais également
pour apprécier les efforts que nous faisons pour en moduler l'expression en un monde qui nous convienne. -
Si de petits hommes verts débarquaient sur Terre, ils croiraient assurément que leur couleur a toujours eu la faveur du cinéma - et de la gent médiatique en général. Il n'est en effet pas un jour sans qu'un film ou qu'un documentaire ne s'érige en ardent défenseur de notre planète. N'en déplaise aux spectateurs trop jeunes pour le savoir et à ceux, plus âgés, qui préfèrent l'oublier, prendre massivement le parti de la Nature est pourtant une idée neuve à l'écran. Jusqu'aux années 1990, le septième art a ainsi cultivé l'indifférence, voire la défiance à l'égard des forces qui gouvernent à la fois notre environnement et notre vie. Quelle est la cause de ce traitement de défaveur inattendu ? La mode ? Cette antique superstition de saltimbanque qui teint en rouge enfer tout ce qui prend le coloris édénique de l'herbe sauvage ? L'apparence lointaine et bénigne qu'avaient hier encore les problèmes posés par la pollution, la surexploitation des richesses ou les changements climatiques ? Un voyage dans le passé nous révèle une vérité infiniment plus dérangeante : les pionniers du cinéma vert furent condamnés à prêcher dans le désert parce que leurs oeuvres, farouchement contestataires, eurent l'intolérable audace de défier l'ordre social et le dogme humaniste. Plus de 50 films de l'histoire du cinéma sont cités et analysés pour illustrer le propos de l'auteur.
-
Black Mirror et l'aurore numérique : Nos vies après l'humanisme
Claudia Attimonelli, Vincenzo Susca
- Liber
- L'Imaginaire Et Le Contemporain
- 12 Mars 2021
- 9782895787280
Les séries télévisées constituent depuis des années la forme privilégiée dans laquelle notre culture se projette, mais Black Mirror représente bien plus que cela : c'est un fait socioculturel emblématique du monde contemporain qui esquisse la société du futur en décrivant de manière paroxystique ce que nous vivons déjà. Voici un spectacle, un musée, une prison et un jeu vidéo où la technique, les algorithmes et les réseaux sociaux prévalent sur les individus en annihilant la rationalité sur laquelle nos sociétés se sont fondées. ?uvre totale ayant anticipé notre condition suite aux mesures adoptées pour contrer la pandémie de Covid-19, la création de Charlie Brooker explore la médiatisation de l'existence dont nous faisons l'expérience entre trolls, haters, sexting, surveillance, stories, cancel culture et analyse prédictive. S'y arrêter permet de voir notre époque comme une catastrophe et comprendre ce qui est en train de surgir des cendres de l'humanisme : l'aurore numérique.
-
Vertiges du jeu : Vers une éthique des jeux vidéo
Maxime Coulombe
- Liber
- L'Imaginaire Et Le Contemporain
- 11 Mars 2025
- 9782895788249
On joue aux jeux vidéo à la fois pour se perdre, et pour reprendre pied. Ces univers virtuels offrent un espace de fuite où prendre une pause des contraintes et des exigences de notre époque. Face à un monde contemporain angoissant de ses exigences contradictoires, les jeux vidéo proposent des moyens de reconnaissance clairs, des espaces de réussite nombreux, un réel sentiment d'accomplissement. Ils répondent à un manque - social, personnel. Fines pointes les plus avancées de la société de consommation, les jeux vidéo sont, symétriquement, une manière de happer l'attention des jeunes, de les inciter à consommer. En phase avec le développement des nouvelles technologies, ils en reprennent les mécaniques et les ambitions ; ils visent désormais - tout comme notre téléphone portable ou Facebook - à capter et contrôler l'attention, à proposer un univers de consommation infini. Les designers de jeu s'entourent de spécialistes en sciences cognitives et en neurosciences veillant à cadencer cette progression, à maximiser cet investissement affectif, puis les manières de le rentabiliser. Le joueur ne lutte plus à armes égales face à ces régiments d'experts visant à ce que ces jeux se métamorphosent en labyrinthes sans fin. Quelles sont les conséquences d'une telle inégalité ? Quelles en sont les menaces ? Ce livre articule cette double nature, ces deux forces animant les jeux vidéo, à la fois réponse à notre époque anomique et menace à notre autonomie. Chemin faisant, il propose les bases d'une éthique des jeux vidéo.
-
Critique du régime de croissance
Onofrio Romano
- Liber
- L'imaginaire Et Le Contemporain
- 15 Octobre 2024
- 9782895787983
Si le mot « décroissance » n'est peut-être pas un choix heureux - d'autant plus qu'une proposition de société qui reposerait sur la simple négation de ce qui existe n'est pas enthousiasmante -, sous l'angle critique, la focalisation sur la croissance ne saurait, elle, être plus pertinente. L'idée et la pratique de la croissance ne révèlent en effet pas seulement la logique profonde de nos sociétés, elles constituent la principale cause d'une série de dérives écologiques, sociales, économiques, politiques et anthropologiques de moins en moins maîtrisables. Ce dont on doit pourtant s'aviser c'est qu'elle n'est qu'un symptôme, non la maladie. Le doigt qui montre la lune, et non la lune. Plutôt que de proposer, comme il est courant, des stratégies de freinage de la croissance et de réduction de la consommation, le présent ouvrage procède à la reconstitution historique et idéologique du système qui, dans la modernité, a engendré le fétichisme de la croissance. On est dès lors mieux placé pour envisager la possibilité d'une société qui, tout en étant étrangère au régime de la croissance, ne s'inquiète ni de l'épuisement des ressources ni de la survie de la planète.
-
Jacques-Louis David : Médailles et médaillons au temps de l'exil bruxellois (1816-1825)
Sylvain Bedard
- Liber
- 16 Octobre 2025
- 9782895788423
Admirateur passionné de l'Antiquité, Jacques-Louis David (1748-1825) croyait aux vertus civiques de ces monuments en miniature que sont les médailles, qui auraient permis à chaque citoyen français de posséder sa propre Histoire métallique de la Révolution.
"Le regard que Sylvain Bédard porte sur les pièces qu'il étudie est singulièrement aiguisé par la recherche historique qui le sous-tend.
À l'époque où vivait David, l'art de la médaille était rattaché au système des beaux-arts comme parent de la sculpture. Depuis longtemps, les historiens de l'art ont intégré à leurs réflexions les médailles italiennes et allemandes de la Renaissance et de façon plus aléatoire, les médailles françaises de l'Ancien Régime et de l'Empire.
Ce livre va certainement stimuler de l'intérêt pour cet art, car si les deux médailleurs qui le dominent sont déclarés dignes de notre attention pour la part qu'ils prennent à l'histoire d'un grand peintre, les arguments ne manquent pas pour exalter l'attrait de leurs créations. » extrait de la préface de Philippe Bordes -
CHAMPIGNONS Reflétant le grand nombre d'espèces de champignons maintenant disponibles sur le marché, CHAMPIGNONS fait, en soixante recettes signées par les chefs les plus réputés, le grand tour de tous les continents et de toutes les cultures du monde.
Qu'ils fassent appel à l'exotisme oriental, au classicisme de la cuisine européenne ou à la moderne fusion des deux, tous les plats ici décrits comprennent un délicieux mélange des principaux champignons cultivés et sauvages.
-
Hollywood inferno : la divine comédie du star-system
Jean-Philippe Costes
- Liber
- 9 Mars 2023
- 9782895787709
L'enfer de Dante compte neuf cercles. Hollywood pourrait assurément être le dixième. Périssent vos rêves de gloire sur grand écran, le star-system n'est en effet qu'une comédie jouée par des dieux tragiques en proie aux pires démons. Dans la cité des anges, rien n'est ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Tout est chaos et hideur, misère, fureur et malheur. La mort violente côtoie la vie facile. La drogue, l'alcool et la débauche s'invitent sans cesse au festin du succès. L'aliénation voisine avec l'adulation des masses. La grâce est suivie comme son ombre par la disgrâce. Vous qui entrez dans ce monde immonde, abandonnez tout espoir. Vous ne trouverez que souffrance et désillusion.
Pourquoi diable en est-il ainsi dans le plus céleste des royaumes terrestres? Voyageurs assez téméraires pour ne pas craindre les brûlures de la vérité, enfoncez-vous dans la vallée de larmes qu'est l'univers implacable des icônes de l'image et vous saurez ce que tant d'inconscients ignorent: pouvoir, réussite, cinéma, les sources magiques auxquelles s'abreuvent vos idoles sont toutes empoisonnées.
Vous qui entrez dans cet ouvrage, n'abandonnez pas toute espérance. Au bout de votre périple au coeur des ténèbres, vous découvrirez une lumineuse consolation: la clef de l'une des plus fascinantes énigmes de notre civilisation. -
Le sexe polémique ; quand la paranoïa s'empare des campus américains
Laura Kipnis
- Liber
- 13 Janvier 2020
- 9782895787020
Les dénonciations d'inconduites sexuelles, qui se multiplient dans les universités américaines, ont à juste titre de quoi nous inquiéter, qu'il s'agisse d'allégations de viol, d'agressions sexuelles ou de faveurs obtenues par la contrainte. Mais sont aussi condamnées les fréquentations entre professeurs et étudiants adultes, de même que les « avances non désirées », et tout geste ambigu que l'on s'empresse de signaler comme contribuant à un « climat hostile ». Or ces dénonciations sont pour plusieurs administrées à même les universités plutôt que par un système de justice reconnu. Elles mènent souvent à des accusations, à des procès irréguliers et à des ententes chèrement payées dans lesquelles s'engagent, pour acheter la paix et ne pas compromettre leur réputation, les universités elles-mêmes. Celles et ceux qui se risquent à sortir du silence pour critiquer les excès bureaucratiques, comme cela a été le cas de Laura Kipnis, font à leur tour l'objet de mises en garde, de plaintes, de poursuites, voire de congédiements. Études interrompues, carrières brisées, méfiance généralisée, luttes sans quartier : tel est le régime du sexe polémique auquel les établissements américains du haut savoir sont actuellement soumis. Comment en est-on arrivé là ? Comment en sortir ? Dans ce portrait au vitriol du monde universitaire, Laura Kipnis médite ces questions. Faute d'avoir compris les avancées du féminisme, qui devait favoriser l'autonomie et la liberté, les étudiants, professeurs et administrations s'empêtrent dans le maquis défraîchi de la féminité victimaire et du pouvoir prétendument inébranlable des hommes de tout acabit. Et l'on voit ainsi la paranoïa s'emparer de l'université.
-
Il y a un certain temps, deux jeunes étudiants se sont demandé s'ils pouvaient passer quelques moments avec l'auteur pour parler de l'inconscient et de la psychanalyse. Il a volontiers accepté à condition que cela se passe sous forme de conversations autour de ces thèmes. Sitôt sa décision prise, Patrick Gauthier-Lafaye s'est lancé le défi de les entraîner dans une authentique expérience de vie liée au sujet choisi. Il a voulu leur donner le goût de la rencontre avec l'espace pulsatile, toujours fuyant mais si vivant qu'est l'inconscient. Cet essai dialogué est le fruit de leurs rencontres étalées sur une année, en dix soirées d'échanges fructueux. Ce livre s'adresse donc à tous les explorateurs psychanalystes, psychothérapeutes et patients, mais aussi à tous les fervents lecteurs curieux de ce voyage vers l'inconscient.
-
Cet ouvrage est constitué de douze tête-à-tête, imaginés par l'auteur, entre des suicidés de la littérature. Leurs tête-à-tête sont évidemment imaginaires, mais les propos sont authentiques, le plus souvent fidèles à l'écrit, toujours à l'esprit. Ces dialogues n'ont pas été composés ; l'auteur a écouté ces écrivains qui se sont enlevé la vie se parler avec les mots toujours vivants de leurs écrits où quelque chose demandait à être, et il a transcrit. Les interlocuteurs des entretiens qui suivent participent à une réalité nouvelle qui est là pour nous faire connaître la douleur qui a attiré les unes vers les autres leurs paroles autrement séparées. Au moyen d'une pratique systémique de la transtextualité, Jacques Beaudry donne forme à un échange spirituel qui existait déjà virtuellement.
-
Relief de la memoire - theorie des trous de memoire
Hanus Gilles
- Liber
- 10 Février 2022
- 9782895787525
Ce court essai philosophique aborde la question de la mémoire à partir de l'expérience fréquente et récurrente des « trous de mémoire ». Il commence par analyser l'expression (« trou de mémoire ») qui suggère une trame uniforme, continue, percée cependant de « jours », de dépressions, modelée en tout cas par ces accidents, et s'intéresse également aux différentes métaphores appliquées à la mémoire (celle du contenant, de l'élément aquatique, de l'écriture, etc.). Le livre s'interroge donc sur ce que l'on pourrait appeler le relief de la mémoire, chaque chapitre abordant l'un des aspects (plaine, adret et ubac, feuilletage et foliation, rifts et fractures, etc.) de cette géographie mnésique, en prenant appui sur de nombreux auteurs, parmi lesquels Levinas, Sartre, Thoreau, mais aussi Descartes, Husserl, Ravaisson, Schelling, Kant, Benjamin ou Platon, mais aussi quelques épisodes bibliques accompagnés de leur relecture talmudique.
-
Saisie délicate du sens de l'instant présent présidant à un geste inattendu, le tact pratique l'art du détour ou du rebond là où la voie droite et directe échouerait vraisemblablement; il s'apparente au flair, à la retenue et, bien qu'il implique une certaine rapidité, s'oppose à la brusquerie obnubilée par son objectif et négligeant toute interrogation sur les moyens à déployer pour l'atteindre. Toute délicatesse ne relève pourtant pas du tact. Il arrive en effet qu'on nomme ainsi une forme de fragilité, d'incapacité à supporter telle ou telle action, remarque, situation. Le tact se rapproche davantage d'une intuition de ce qu'il convient de dire ou de faire au moment opportun, au moment voulu. «Intuition juste» comme l'eustokhia dont parle Aristote, comme le «flair» ou la «quasi divine sûreté de l'âme» dont parle Platon à l'aide d'un mot grec de la même famille (eustokhos). Entre sagacité et vivacité d'esprit, il désigne une certaine «acuité de l'âme» qui fait choisir, en situation, l'expédient, la formule ou le geste opportuns bien que discrets et manifeste une faculté d'adéquation (qui n'est pas adaptation) à la situation, qu'il épouse plutôt qu'il ne s'y confronte, à laquelle il ne fait pas face comme à quelque chose qui s'opposerait à lui. En termes temporels, cette perspicacité renvoie à une intelligence de l'immédiat qui est celle de l'opinion droite telle que la décrit Socrate à la fin du Ménon ; elle est saisie du moment opportun, sens de l'à- propos, subtile appréhension de ce que les philosophes grecs appelaient le kaïros. Pour ces raisons, le tact relève davantage, à l'instar d'un savoir-faire, des vertus pratiques que des vertus intellectuelles, du moins en apparence.
-
L'écologisme ou le succès d'une idéologie politique
Pierre Fraser
- Liber
- 9 Février 2021
- 9782895787181
L´heure, semble-t-il, n´est plus aux tergiversations. La planète serait à l´agonie. Les signes en seraient partout visibles, dans le moindre comportement de chacun, dans la plus infime émission de dioxyde de carbone. Le capitalisme, dans sa version néolibérale, serait forcément l´incarnation même du mal qui ronge la planète. Pour comprendre comment nous en sommes arrivés à agiter une telle menace existentielle, et pour bien saisir l´efficacité mobilisatrice du discours qui la suscite, il faut revenir sur des moments clés du mouvement environnementaliste et de l´écologisme. Les discours ne surgissent pas ex nihilo, et ils ont non seulement une histoire, mais aussi et surtout une façon propre de procéder. Cet ouvrage propose de voir comment le discours écologiste a pu se constituer en fait social total afin de réguler les comportements dans le sens d´une vaste entreprise hygiéniste et sanitaire à la grandeur de la planète.
-
La fin du monde et le dernier dieu ; un nouvel horizon pour l'homme
Pierre-henri d' Argenson
- Liber
- 8 Octobre 2018
- 9782895786573
Les apparences festives de la modernité masquent un évènement que nous n'avons pas le courage d'affronter : la fin de notre monde. Loin des visions d'apocalypse, cette fin n'en est que plus réelle : le monde a épuisé pour l'homme ses potentiaÂlités. Nous avons exploré toutes les terres émergées, essayé tous les régimes politiques, adopté toutes les croyances religieuses, et même réalisé toutes les formes des arts. Or, ni notre biologie ni notre psychologie, façonÂnées par et pour l'exploration dans tous les champs de l'existence, ne sont plus adaptées à ce monde fini. Mais alors, vers quel objet allons-nous tourner notre soif de nouveauté ? Si nous ne parvenons pas à conquérir l'espace, allons-nous tout détruire, afin de recommencer l'histoire ? Ou mourrons-nous d'ennui, quand la Terre sera pour nous devenue le plus grand zoo à ciel ouvert de l'univers ? Savoir que le monde est fini n'est pas une simple information, mais une réalité bouleversante à laquelle notre corps et notre esprit réagissent violemment, et probablement le plus grand défi que l'humanité devra affronter au cours des prochains siècles.
-
Pour une éthique de la dissidence : liberté de conscience, objection de conscience et désobéissance civile
Guy Durand
- Liber
- 1 Septembre 2005
- 9782895780557
"L'homme qui ne peut qu'obéir est un esclave; s'il ne peut que désobéir, il est un révolté", écrivait le psychologue Erich Fromm en 1963.
"Je suis loin de dire, continue-t-il, que toute désobéissance est vertu, et toute obéissance vice. Ce serait ignorer le rapport dialectique qui existe entre l'obéissance et la désobéissance." Antigone, Socrate, Jésus, Thoreau, Tolstoï, Gandhi, Luther King, l'histoire regorge de contestataires qui ont fait avancer la civilisation. Sans compter les mouvements collectifs de dissidence: quakers, mormons, manifestants contre la guerre, contre les expériences atomiques, contre la pollution, contre la mondialisation néolibérale, etc.
À partir d'un rappel de diverses manifestations d'objection de conscience et de désobéissance civile, l'auteur s'efforce de définir ces termes. Il fait surtout une analyse du phénomène d'un point de vue éthique. II s'interroge enfin sur l'attitude que devraient avoir les dissidents, mais aussi les législateurs, les tribunaux, la police, la population.
En son fond, l'objection de conscience n'est pas négative; elle n'est ni abstention ni passivité; elle doit, par sa force d'interpellation, témoigner des valeurs mêmes qui sont à sa source.
De dérangeur qu'il est, l'objecteur devient ainsi un éveilleur de conscience.
-
Ce livre s'inscrit dans un projet d'anthropologie sensorielle de l'intime. On y montre comment l'expérience du vertige dévoile une part cachée de notre écologie corporelle : plonger dans son corps, lorsque le vertige nous prend, traduit moins un désir de disparaître en s'évanouissant qu'une sensibilité «émersant» en nous. En retournant ainsi la peau, le vertige révèle une cartographie des cavernes intérieures. Se donner le vertige en y étant contraint ou de manière volontaire est une expérience enivrante. Le déséquilibre du cerveau que nous éprouvons dans le vide, dans l'isolement sensoriel, dans les effets internes des machines est tel que nous avons alors du mal à distinguer ce qui se produit en nous de ce qui provient du monde, notre vue se voile, nos sensations s'avivent et notre empathie s'active inconsciemment. Accepter son vertige, c'est consentir à communiquer avec son cerveau dans une relation plus directe entre corps et monde. La profondeur du corps est le continent noir qu'il reste à explorer par des enquêtes en première personne et des entretiens qualitatifs dont on trouvera ici d'éloquents exemples.
-
Le corps musicien ; une phénoménologie de la motricité musicale
Sera Tokay
- Liber
- 3 Février 2017
- 9782895785620
Les neurosciences cernent de plus en plus près l'activité cérébrale au contact de la musique, que ce soit lors de l'écoute ou lors de l'exécution. Elles dressent ainsi toute une cartographie de la vie du son dans notre cerveau qui contribuera, sans aucun doute, à mieux comprendre notre sensibilité au plus mystérieux des arts. Mais sauront-elles saisir pour autant l'expérience musicale, cette rencontre du symbolique (intention du compositeur, inscription historique de l'oeuvre, valeur des formes) et du physiologique dans le corps du musicien à qui la musique doit proprement son existence ? La réponse de l'auteure complètera donc la théorie kinesthésique de la musique en reliant l'expérience corporelle du musicien à l'intersubjectivité de la pratique musicale en formation orchestrale. « La spécificité de l'expérience musicale est une intuition aussi parfaitement claire pour le musicien qu'elle est habituellement soustraite à l'expression explicite. » C'est pourtant à exprimer cette expérience qu'est consacré cet ouvrage qui combine une approche phénoménologique du corps musicien avec les nouvelles investigations empiriques des neurosciences.
-
Qu'est-ce que l'hospitalité ? recevoir l'étranger à la communauté
Joan Stavo-Debauge
- Liber
- 10 Janvier 2018
- 9782895786061
L'hospitalité est une qualité qui concerne la totalité des domaines de notre existence, privée comme publique, et se dit aussi bien de nos rapports aux personnes que de nos rapports aux choses, aux événements, aux environnements et aux situations : hospitalité que l'on attend d'espaces publics urbains accessibles ; hospitalité de la communauté politique, que l'on juge sévèrement lorsqu'elle se raidit ; hospitalité du marché du travail que les discriminations mettent à mal... Cet ouvrage s'attache aux mouvements de l'étranger qui vient à la communauté, mettant en question l'hospitalité de cette dernière et interrogeant la façon dont l'appartenance s'y éprouve. L'étranger ne sera pas ici figuré de la manière usuelle, sous les traits de l'« immigré » ou du « migrant ». Ce mouvement ne concerne pas uniquement l'immigré, loin s'en faut. En faisant dialoguer philosophie et sciences sociales, « Qu'est-ce que l'hospitalité ? » voudrait contribuer à l'élaboration d'une sociologie réaliste de l'étranger, afin de mieux penser les tensions de l'hospitalité et de l'appartenance, dont la composition concerne toute communauté, à quelque échelle que ce soit.
-
Etat-nation, tyrannie et droits humains ; archéologie de l'ordre politique
Heinz Weinmann
- Liber
- 12 Février 2018
- 9782895785941
Ce livre cherche à dégager les fondations sur lesquelles les piliers centraux des institutions politiques occidentales ont été établis : État-nation, loi, souveraineté, droits de l'homme, etc. Il cerne la nature des rapports entre « État » et « nation » à travers les relations tourmentées de ce que deviendront la « France » et l'« Allemagne » issues du règne de Charlemagne, « père de l'Europe ». Ces deux pays illustrent respectivement de façon paradigmatique l'État souverain unitaire et l'État évanescent d'un Saint-Empire mourant en 1806. Nietzsche avait raison de penser que la « tyrannie » est le régime politique le plus ancien. Les analyses spectrales de Platon ont montré que le « tyran » sommeille en chacun de nous, prêt à se « projeter » sur la scène politique. Nous sommes ainsi renvoyés à une anthropo-politique où les droits humains font partie de l'anthropogenèse qui pose des garde-fous pour empêcher l'humain de régresser à sa première nature de brute tyrannique. Ces garde-fous pour combattre la tyrannie prennent des « visages » différents selon les époques : la « justice » dans l'Antiquité classique, les « droits » à l'époque de l'« État souverain ».
-
Crises, ajustements, innovations ; portrait d'une économie mondiale en bouleversement
Omar Fassal
- Liber
- 12 Mars 2018
- 9782895786221
Il y aura bientôt dix ans que la crise des subprimes éclatait, une crise financière et économique mondiale d'une rare violence dans l'histoire. Le fait que dix ans plus tard nous soyons encore en train de parler de crise et d'ajustement témoigne à mon sens des fortes retombées qu'a eues cet événement majeur. Il a accéléré des mouvements économiques qui étaient déjà à l'oeuvre pendant les années 2000 ; ils sont devenus réellement manifestes. Qui dit crise, dit aussi nécessité de mécanismes correcteurs et d'innovations. Ainsi, les piliers du système financier international mis en place après la seconde guerre mondiale, le FMI et la Banque mondiale, ont essayé de s'adapter à leur époque ; les voix des pays émergents, la Chine en tête, appellent de plus en plus fort à leur réforme ; la transition énergétique demande des ajustements majeurs, tant au niveau des consommateurs que des producteurs. Au cours des dernières années, toutes les régions du monde ont en somme dû affronter des difficultés sévères et concevoir des solutions inédites. C'est le portrait de chacune d'elles que brosse cet ouvrage, qui s'intéresse aussi bien aux causes de la crise qu'aux choix des autorités pour essayer de l'exorciser. Les textes qui composent cet ouvrage ont été écrits sur une période de cinq ans allant de 2013 à 2017. Certains ont été publiés sous forme de chroniques dans des magazines ou journaux. Puisque ces textes ont été écrits de façon continue pour commenter l'actualité du jour, leur réunion dans ce livre représente un véritable journal de bord sur les transformations qu'a vécues le monde ces cinq dernières années.
-
Les grands récits occidentaux Tome 1 ; le pilier gréco-romain
Collectif, Jean-claude Maes
- Liber
- 11 Mai 2018
- 9782895786467
De même que les individus ont une généalogie, les sociétés s'appuient sur plusieurs piliers culturels, qui eux-mêmes sont le produit de rencontres plus anciennes. C'est ainsi que la rencontre du monde attique (la Cité-État d'Athènes) et de la culture perse serait à l'origine de la révolution philosophique de la Grèce antique, dont l'influence se prolonge jusqu'à nos jours, constituant ce que nous appellerons le pilier gréco-romain. De l'autre côté de la Méditerranée, en Asie mineure et en Afrique du Nord, on peut repérer une influence des cultures mésopotamiennes ou égyptiennes sur le judaïsme, et de la culture grecque sur le christianisme naissant. À partir de la conversion de l'empereur Constantin au christianisme, se mettra en place, dans le monde gallo-romain, un fort pilier judéo-chrétien, qui continue lui aussi à influencer la marche du monde occidental. Si ces deux premiers piliers ont généré un grand nombre de figures paternelles, à commencer par Dieu le Père, le troisième, que nous qualifierons de pilier occidental, a donné et continue à donner plus de places aux figures maternelles, expliquant par exemple l'importance qu'a prise le culte de Marie à partir de la christianisation de la Gaule. En ces temps post-féministes, il paraît important de faire vivre des mythes qui, souvent, donnent sa pleine place à la puissance du féminin.
-
Le temps nous ramène à nous. Quand on a vingt ans, on veut sortir de soi. Se jeter dans le monde. Le connaître. Le transformer. Le sauver, peut-être, ne serait-ce que pour s'oublier dans cette oeuvre. Se dépasser, de cette façon. Se dilater. Puis le temps fait son oeuvre. Le corps par exemple reprend ses droits. Se rappelle à l'ordre. On avait amnésié son existence tant il était là, évident, sans poser problème.
On n'y pensait pas, voué, comme on l'était, au corps du monde souffrant. Mais un jour, il fatigue. Il faillit. Ce n'est pas le corps seul qui fait alors ainsi retour, mais l'être en son entier. On n'est pas immatériel, découvre-t-on. On a accumulé. Sédimenté. Cet être que nous sommes a pris de l'expérience. Des coups. De la graisse. A tant penser au monde, nous sommes-nous souciés de discerner quel monde, nous-mêmes, nous étions devenus ? Jusqu'à un certain âge, le temps nous a fait savoir, surtout, qu'il nous a mûris, nous pourvoyant de dimensions qui au départ n'étaient pas nôtres.
Ce qu'il nous apprend maintenant, c'est qu'il va nous prendre. C'est que ce qu'il nous a offert, il va le reprendre. Alors, oui, il est impératif de se demander qui se tient là, face au monde tant qu'il s'y tient. De se demander qui s'est tenu là, jadis, lorsqu'il tenait sa propre présence pour évidente. Commence alors le récit d'une vie, le récit de la vie, qui tente de se ressaisir à travers autant d'escales de la mémoire.